Pauline Marois courtise les étudiants

La chef du Parti québécois était à Laval, le 8 septembre, pour y rencontrer les étudiants du Collège Montmorency dans le cadre de sa Tournée des jeunes.

Pauline Marois a échangé avec les étudiants du Collège Montmorency, le 8 septembre.(Photo: Alarie Photos)

Désireuse de prendre le pouls de ces jeunes électeurs et de les intéresser à la chose publique, Pauline Marois, qui a notamment visité trois classes, a rapidement ouvert les échanges après une brève présentation de sa formation politique.

En début d’après-midi, les questions tournaient invariablement autour de la souveraineté, sans toutefois que le débat ne suscite la moindre passion chez les intervenants.

Élections à date fixe

En entrevue avant qu’elle n’entreprenne la tournée des classes, Mme Marois s’est dite fin prête pour la rentrée parlementaire, voire même pour une éventuelle campagne électorale que pourrait déclencher hâtivement le gouvernement libéral, question de prendre de vitesse François Legault, qui domine dans les sondages bien qu’il tarde à fonder son parti.

«M. Charest dit que non, mais comme il fait toujours le contraire de ce qu’il dit, c’est possible qu’on se retrouve en campagne. En 2008, il avait dit qu’il n’était pas question d’aller en élections et nous étions en campagne même pas deux mois après», rappelle la chef péquiste.

Celle-ci fait d’ailleurs valoir que le PQ a adopté son programme au congrès d’avril dernier, duquel découlera sa plateforme électorale.

Incidemment, le Parti québécois propose dans son programme des élections à date fixe. «Ça va plus loin que ça. On propose de limiter à deux termes ou à un maximum de 10 ans la durée des mandats pour un premier ministre», précise-t-elle.

Normandeau

À peine sortie d’une crise interne qui lui a coûté près d’une demi-douzaine de députés au cours de l’été, Pauline Marois, bien qu’elle sympathise avec la ministre démissionnaire Nathalie Normandeau, n’épargne pas Jean Charest, qui vient de perdre sa vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles.

«Pour un premier ministre qui prétend être en contrôle et avoir les deux mains sur le volant, il ne réussit pas à garder son équipe, alors qu’il est au pouvoir. C’est un sixième ministre important qui démissionne», observe-t-elle, tout en laissant entendre que certaines politiques que Jean Charest leur a demandé de défendre pourraient expliquer ces démissions.

«Entre autres la question des gaz de schiste et des redevances qui est d’une improvisation absolue et qui n’a aucun sens», mentionne-t-elle au passage.

Remaniement

Dénonçant le «cafouillage en matière de transport à Montréal», la chef de l’opposition officielle commente le remaniement ministériel annoncé cette semaine.

«Je suis assez étonnée qu’il change encore de ministre des Transports, alors que ça fait à peine un an qu’il l’a nommé, dit-elle de Jean Charest, qui a déplacé Sam Hamad au ministère du Développement économique, à l’Innovation et à l’Exportation. Quand ils commencent à avoir un peu d’expérience, il les vire.»

Manifestement, Pauline Marois a encore sur le cœur la fin de non-recevoir que Jean Charest a opposée, il y a une quinzaine de jours, à son offre de faire front commun face à Ottawa dans le dossier du pont Champlain.

«J’ai trouvé ça assez ordinaire. Il aurait pu au moins accueillir favorablement le fait qu’on veuille être solidaire de son gouvernement pour travailler ensemble à corriger un problème majeur sur Montréal.»

Enfin, pour en revenir à la Tournée des jeunes qui l’a conduite à Laval, jeudi, la chef péquiste en a profité pour rencontrer la Direction des études et la Direction des services aux étudiants du Collège Montmorency.

 

Source :

Stéphane St-Amour
8 septembre 2011 – Courrier Laval

Laisser une réponse